Du poison dans nos jardins

FRANCE 5 – Émission de 50 minutes

Pour 17 millions de français passionnés de jardinage, le printemps c’est la saison des retrouvailles avec la nature. Semer, planter, refleurir ses rebords de balcons… ils dépensent chaque année environ 6 milliards d’euros.

Mais le jardin a des prédateurs : insectes, maladies, mauvaises herbes qui détruisent tout sur leurs passages. Le plus simple, c’est de les combattre avec des pesticides. Le jardinier français est champion d’Europe d’utilisation de produits phytosanitaires, 6 000 tonnes ont été épandues en 2014. Controversés, ces médicaments des plantes sont soumis à une nouvelle réglementation. Ils vont bientôt disparaître des rayons. Qui a pris cette décision ? Pourquoi ? Quelles sont les échéances ?

Le produit star des jardiniers, c’est le roundup un tueur de mauvaises herbes crée par Monsanto le géant américain de l’agro-alimentaire et dont il fait la fortune. A base de glyphosate, décliné dans plus de cent herbicides de marques différentes, il est l’enjeu d’une bataille mondiale entre scientifiques. Pour certains il serait cancérogène et il faudrait donc l’interdire tout de suite, pour d’autres, il est totalement inoffensif. Dans la foulée de cette controverse, on assiste à une bataille médiatique. D’un côté, Ségolène Royal Ministre de l’Écologie et des activistes écolos, de l’autre Monsanto et les fabricants de pesticides. Qui a tort, qui a raison ?

D’ici quelques mois, il sera plus difficile d’acheter ces produits de synthèse. Un calendrier prévoit leur retrait en deux temps. Janvier 2017 une mise sous clé, janvier 2019 un retrait total. Le jardinier amateur va donc devoir changer ses habitudes, apprendre à travailler sa terre différemment, combattre les nuisibles avec des produits naturels et surtout anticiper l’arrivée des maladies. Une révolution.

Dans les magasins, les vendeurs ont une obligation de conseil. Ils ont suivi une formation pour proposer des aujourd’hui des solutions alternatives au tout chimique aider les jardiniers amateurs à passer ce cap. Mais sont-ils vraiment compétents ? Nous avons testé les connaissances d’une dizaine d’entre eux… Ils n’ont pas été convaincants.

Autre problème, la réglementation sur le retrait à la vente des pesticides s’arrête aux frontières. Ailleurs on peut acheter des produits de synthèse même ceux qui sont interdits depuis longtemps chez nous. C’est le cas d’un herbicide, le chlorate de soude, un comburant, en clair, une molécule dangereuse très instable
et explosive.

De nouvelles gammes de produits naturels sont déjà disponibles dans les rayons. Il est une qui semble prometteuse, les purins. A base de plantes reconnues pour leur vertus médicinales 100% écolo et pourtant… hors-la-loi. Ceux qui les produisent risquent une amende et une peine de prison.

Confronté à un champignon très agressif, destructeur de buis, un jardinier a décidé de les utiliser. Un essai positif, ses buis ont repris de la vigueur, mais sont-ils sauvés pour autant ?

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