Le Télégramme

Herboristerie. Unanimité pour le rapport sénatorial de Joël Labbé

LE TÉLÉGRAMME – 27/09/2018

Les débats ont été passionnés, mais, au final, les parlementaires de la mission d’information sur « Les plantes médicinales et l’herboristerie » ont adopté à l’unanimité le rapport présenté par le sénateur morbihannais Joël Labbé. Un premier pas en vue de faire évoluer la législation.

Soulagement pour Joël Labbé qui en a fait le combat de son mandat. Mardi, à 23 h 30, dans l’enceinte du Sénat, son rapport est passé « malgré l’immense blocage des professions médicales sur les métiers de l’herboristerie ». Le sénateur écolo souhaitait un consensus sur le texte qui traite à la fois des plantes et des professions qui y sont liées. Il a obtenu l’unanimité. Après avoir entendu une centaine d’acteurs – des cueilleurs aux pharmaciens en passant par les chercheurs et les industriels – la commission sénatoriale a émis 39 propositions « visant à accompagner l’essor d’une filière porteuse ».

Mais elle n’a pas souhaité défendre la reconnaissance des professions d’herboriste de comptoir et paysan herboriste (interdites depuis 1941) défendues par Joël Labbé. Pourtant, le Morbihannais dit avoir remporté « une victoire historique ». Il a obtenu le feu vert pour la constitution d’un groupe de travail sénatorial, dès la semaine prochaine, en vue d’une loi sur les métiers de l’herboristerie. Le parlementaire compte maintenant sur le soutien de l’opinion publique, très demandeuse de soins par les plantes pour aboutir à ses fins.

Structurer une filière prometteuse

Au titre de ses nombreuses préconisations, la mission sénatoriale s’est prononcée en faveur du développement de filières agricoles spécialisées. L’idée est de structurer la filière des plantes à parfum, aromatiques et médicinales. Une filière très hétérogène soumise à une forte concurrence internationale alors qu’elle présente un bon potentiel de développement notamment dans les territoires ultramarins. L’objectif est d’atteindre « 50 % des surfaces cultivées en bio à l’horizon 2025, via un renforcement des aides à la conversion et le paiement de services environnementaux ». Les sénateurs souhaitent la création d’un label « plantes de France », ainsi que « l’inscription des connaissances et savoir-faire liés à la culture et à l’usage traditionnels des plantes médicinales sur la liste du patrimoine immatériel de l’Unesco ».

Revoir la vente et le conseil

Le rapport de Joël Labbé porte enfin sur la nécessité de réexaminer la liste des 148 plantes médicinales hors monopole pharmaceutique et de donner un cadre européen d’évaluation graduée des allégations de santé concernant les plantes utilisées comme denrées ou compléments alimentaires. Il lui semble indispensable de réactualiser l’encadrement de la vente et du conseil de produits et plantes qui sont vendus en pharmacie mais aussi sur internet, en grandes surfaces ou dans les magasins bios.

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