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Herboristeries, plantes médicinales : les propositions du Sénat

SANTÉ MAGAZINE – 26/09/2018 – Par Sylvie Dellus

De plus en plus de Français se soignent avec des plantes médicinales. Une mission sénatoriale vient de rendre un rapport pour mieux organiser la filière, du producteur au consommateur. La place des herboristes reste un sujet sensible.

Les herboristes ont exercé un métier reconnu jusqu’en 1941, date à laquelle le monopole des plantes médicinales est tombé dans l’escarcelle des pharmaciens. Depuis, il y a eu plusieurs tentatives pour tenter de redonner un statut à ce métier ancestral.

Une mission sénatoriale vient de rendre un nouveau rapport sur ce sujet. Celui-ci a été adopté à l’unanimité le 25 septembre 2018. Les membres de la commission s’accordent sur la nécessité de sécuriser la filière des plantes médicinales, du producteur au consommateur, mais restent divisés sur le statut d’herboriste.

Leur constat est le suivant : les Français sont très attirés par des soins naturels à base de plantes, sous forme de tisanes, de gélules, d’huiles essentielles ou de compléments alimentaires. 98 % de ces produits sont achetés en dehors des pharmacies. Les consommateurs se fournissent en magasins diététiques, sur internet, parfois directement auprès de petits producteurs, sans garantie sur la qualité des produits.

Or, certaines plantes ne sont pas neutres. « Ce n’est pas parce que c’est naturel que c’est sans danger. Nous avons identifié des interactions médicamenteuses, notamment avec des médicaments anticancéreux. Il y a un principe de précaution à respecter », rappelle Corinne Imbert, présidente de la mission d’information, sénatrice LR de Charente-Maritime et pharmacienne de métier.

Depuis 2008, 148 plantes sont autorisées à être vendues en dehors des pharmacies, essentiellement pour un usage alimentaire. La mission sénatoriale propose que cette liste soit élargie à des plantes soignant « les petits maux du quotidien » et dont l’usage traditionnel est reconnu et validé.

La mission préconise par ailleurs que les médecins soient mieux formés à l’usage des plantes, afin qu’ils puissent conseiller leurs patients.

De son côté, Joël Labbé, sénateur du Morbihan (groupe RDSE : Rassemblement démocratique et social européen), souhaiterait à titre personnel que le métier d’herboriste soit de nouveau reconnu. Mais il n’est pas suivi par l’ensemble de la mission d’information. Pour lui, le diagnostic et le traitement des maladies doit rester l’apanage des médecins et des pharmaciens. Mais il existe une place pour l’herboriste s’intéressant au « mieux-être » des patients et respectant une charte éthique.

« Herboriste de comptoir » en boutique spécialisée et « paysan-herboriste » à la fois producteur et vendeur sont pour certains sénateurs des métiers d’avenir, sachant que 80 % des plantes médicinales utilisées en France sont importées de l’étranger. Reste à définir un statut d’herboriste qui ne heurte pas la sensibilité des médecins et pharmaciens. La mission sénatoriale a l’intention de poursuivre la concertation.

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