Le Sénat ouvre la porte à la lutte contre les perturbateurs endocriniens

Le Sénat a examiné aujourd’hui une proposition de résolution, à l’initiative d’Aline Archimbaud et du groupe écologiste, visant à lutter contre l’exposition de la population aux perturbateurs endocriniens. Ces perturbateurs, présents dans de très nombreux objets et produits du quotidien, contaminent non seulement les êtres humains qui y sont en contact mais aussi l’environnement, l’eau, la terre, l’air, et donc tous les êtres vivants et leur descendance. Cette exposition permanente à un cocktail de perturbateurs a des effets nocifs sur les organismes en modifiant le fonctionnement du système hormonal, et ces substances sont suspectés de provoquer des cancers hormono-dépendants, d’être reprotoxiques, d’avoir des effets néfastes sur la thyroïdes, sur le développement neurologique, sur le métabolisme, sur le système cardiovasculaire même à faible dose.

La lutte contre l’exposition aux perturbateurs endocriniens nécessite des actions politiques fortes. Il faut renforcer drastiquement la réglementation européenne en se fondant sur une définition de ces substances capable de protéger la population et appliquant le principe de précaution. Il est indispensable par ailleurs de lutter particulièrement contre l’exposition des personnes les plus vulnérables, les femmes enceintes et les enfants, notamment dans les écoles et les crèches. Marie Christine Blandin, sénatrice du Nord, qui a présenté la proposition de résolution en hémicycle, a souligné que « les plus jeunes sont parmi les plus exposés : crèches et écoles devraient être des zones exemptes de tout perturbateur, de tout pesticide. Tant dans les meubles, l’alimentation, les produits d’hygiène que dans les jouets ». La proposition de résolution demande également que les pulvérisations de produits phytosanitaires, dont beaucoup ont un effet perturbateur endocrinien, doivent être éloignées des habitations et des écoles.

Pour Aline Archimbaud, sénatrice de Seine Saint Denis, « au vu de l’urgence de la situation, il est nécessaire d’encourager la recherche indépendante sur le sujet et notamment la recherche universitaire, en lui allouant enfin les moyens financiers et humains qui s’imposent ».

Esther Benbassa, sénatrice du Val de Marne, intervenue au nom du groupe écologiste, a également rappelé que « la lutte contre les perturbateurs endocriniens est un investissement pour l’avenir, les femmes enceintes et les enfants étant les plus exposés ». Elle a affirmé que, « pour éviter ce qui pourrait devenir l’une des plus grandes crises sanitaires de notre époque, le temps de l’action était venu ».

Le groupe écologiste se félicite que la proposition de résolution ait été adoptée par le Sénat à 160 voix pour, contre 144 voix contre. Il est maintenant indispensable de prendre les mesures qui s’imposent pour protéger enfin la santé de tous.

Groupe écologiste du Sénat / Communiqué

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