Projet de loi Agriculture et alimentation au Sénat : des reculs majeurs sur les pesticides et l’accès à une alimentation de qualité

Hier était discuté en commission des affaires économiques au Sénat le projet de loi agriculture et alimentation. À l’issue de cette lecture, Joël Labbé, Sénateur du Morbihan, dénonce un texte en recul sur les pesticides, la transition agricole et l’accès à une alimentation de qualité.

Malgré quelques avancées sur le revenu des agriculteurs, dont on peut toutefois interroger l’efficacité, le texte est plus que décevant.

Sur les pesticides, les reculs sont nombreux par rapport à l’Assemblée Nationale, notamment avec la suppression de l’extension du champ de l’interdiction des néonicotinoïdes, et ce, alors que les abeilles meurent par millions. La commission a aussi voté pour l’autorisation de l’épandage aérien de pesticides par les drones, et contre l’autorisation d’alternatives naturelles et peu préoccupantes à la chimie de synthèse. Et, le Sénat a, comme l’Assemblée, refusé d’interdire le glyphosate, et la protection des riverains par mise en place de distances minimum d’épandage des pesticides à proximité des habitations.

Sur l’accès à l’alimentation de qualité, la commission recule également sur les quelques avancées obtenues à l’Assemblée Nationale. A été supprimé du texte l’étiquetage environnemental des produits, qui proposait une transparence sur le mode d’élevage, l’utilisation de pesticides et d’OGM, essentielle pour le consommateur.

Sur la restauration collective, l’objectif de 20% de bio a été supprimé du texte. L’objectif de 50% de produits de qualité a quant à lui été vidé de son sens par l’adoption d’une définition plus que large de la « qualité », apportant de très faibles garanties au consommateur.

Le Sénat a également a refusé de revenir sur une disposition, adoptée à l’Assemblée qui vide de son sens l’emploi du qualificatif « fermier » pour les fromages, actuellement réservé aux fromages affinés sur la ferme. Et, comme à l’Assemblée, l’interdiction d’importer des produits qui ne respectent pas les normes européennes en termes de pesticides a été rejetée. Cette mesure protège pourtant à la fois les citoyens et les agriculteurs, pénalisés par cette concurrence.

Pour Joël Labbé « ces reculs sur le bio en restaurant collectif, et sur la protection des agriculteurs, des citoyens et de la biodiversité face aux pesticides sont inacceptable. Je porterai avec force ces débats en séance publique qui débute à partir du 26 juin .»

Communiqué / Joël Labbé

2 Commentaires

  1. plaisance
    16 juin 2018 à 6 h 51 min · Répondre

    j’ai honte pour la France et cette république en marche n’est qu’un ramassis de gens interessés et cupides

  2. Unknow
    18 juin 2018 à 10 h 53 min · Répondre

    Je suis tout à fait d’accord que le désintérêt de ces mesures n’est pas du plus bel effet, j’en suis moi même « outré ».

    Cependant, avant de cracher sur le gouvernement en place, il est utile de rappeler que le Sénat n’est pas l’assemblée nationale et donc n’est pas composé des mêmes pourcentages de chaque parti politique. En effet, les sénateurs sont élus au suffrage universel indirect par 162 000 grands électeur d’une part. Deuxièmement le sénat est composé de 21 / 348 sénateurs représentants LREM. Il serait donc plus intéressant de regarder en détail les votes de chaque sénateur plutôt que de cracher ouvertement sur un gouvernement sans chercher à comprendre le fonctionnement d’une chose si importante (par sa place dans l’approbation des lois) dans notre république, qu’est le Sénat.

    Bien à vous.

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