Projet de restructuration de la Banque de France

Il faut un moratoire et que s’ouvre le dialogue

Au moment où la Banque de France connaît des projets de restructuration d’une ampleur inédite, les Sénatrices et Sénateurs Corinne Bouchoux (Maine-et-Loire), Jean Desessard (Paris) et Jean-Vincent Placé (Essonne) ont rencontré une délégation syndicale venue leur exposer leurs revendications.
Le groupe écologiste du Sénat soutient les syndicats et salariés mobilisés pour défendre un service public de proximité en faveur de personnes en difficultés, voire en grande précarité. En effet, le plan de restructuration envisage la suppression de 2500 emplois, la fermeture de 42 des 71 caisses actuelles et la suppression permanente de succursales dans 20 agglomérations. Cette réforme, si elle devait se mettre en place, exposerait l’expertise bancaire locale à un risque de disparition et affaiblirait sa mission de gestion du surendettement. Par ailleurs, la réduction du nombre de caisses augmentera les distances parcourues par les fonds, fragilisant leur sécurité.
Outre un enjeu social évident, ce plan met en danger des populations surendettées qui ont besoin d’écoute et de conseil, quand on ne leur réserve plus qu’un formulaire à remplir sur Internet. La Banque de France rend des services d’intérêt général, en assurant une médiation du crédit, en fournissant des analyses de conjoncture et en réalisant des études économiques et financières d’entreprises, de collectivités territoriales ou de territoires. Pour les particuliers, elle gère les fichiers centraux de renseignements et traite notamment les cas de surendettement ainsi que le droit d’accès aux comptes. L’analyse économique territoriale, la gestion du surendettement, la qualité du diagnostic sont fondées sur la finesse de son maillage territorial. Or en dix ans, les effectifs sont passés de 20 000 à 12 000 emplois.
La restructuration envisagée ne présente aucun caractère d’urgence dans ce secteur largement bénéficiaire. Le groupe écologiste du Sénat appelle le gouvernement à décider un moratoire sur ce projet et à ouvrir le dialogue sur le plan stratégique à porter, associant les élus, les syndicats, le personnel et les usagers.
Jean-Vincent Placé vient d’interpeller M. le Ministre de l’Économie et des Finances sur le sujet par le biais d’une question écrite.

Groupe écologiste du Sénat / Communiqué

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