Les infos du pays gallo

Questembert. Fermes d’Avenir Tour : entretien avec Joël Labbé et Luc Foucault

LES INFOS DU PAYS GALLOPar Raymond Le Théoff

 

Qu’est-ce qui motivent vos présences à Ferme d’Avenir Tour ?

J.Labbé- Je suis très heureux d’être là. L’agriculture qui est mis en avant par les fermes d’avenir, c’est exactement le type d’agriculture que j’ai défendu tout au long de mon mandat. Il s’agit d’agriculture, mais aussi de l’alimentation qui est directement liée. C’est un avenir à l’échelle locale et à l’échelle planétaire. La mondialisation de l’alimentation est un non-sens.  

Certains pensent que le bio ne suffirait pas à nourrir la terre entière

J.Labbé. C’est complètement faux ! Des scientifiques ont démontré le contraire. 80 % de l’alimentation mondiale vient de petites fermes de toutes petites fermes en Afrique. L’alimentation territoriale suppose une organisation de filière. Tous ce qui est coût de carbone est réduit à quasi zéro. Dès l’instant que l’on mange local, on demande de la qualité, bio et alternative. Ce mode de production agricole n’a pas d’impact négatif sur le climat, sur la biodiversité, en particulier les pollinisateurs, sur la qualité de l’eau, de l’air, du sol, et sur la santé humaine, contrairement à l’agrochimie  productiviste. N’oublions pas non plus que 30%  des produits alimentaires, produits dans le monde sont gaspillés. Il y a les gaspillages des sociétés occidentales et il y a le gaspillage aux champs dans les pays pauvres fautes de possibilités de stockage. »

Quelle est votre position vis-à-vis de la mer ?

J.Labbé- La mer, les océans, c’est une ressource inestimable en terme d’alimentation, de régulation du climat également. On avait l’impression que dans les océans l’on pouvait tout jeter, dans les océans. C’est aussi comme tous les autres milieux  un milieu fragile, qui est très impacté par les plastiques. Le littoral est impacté par les métiers de la mer (mytiliculture, conchyliculture), mais aussi la pollution des villes, des pratiques agricoles. Les pesticides ne seront plus utilisés à partir de cette année dans les villes, la Loi Labbé les interdits depuis le 1er janvier 2017. Luc est vice-président du Parc Naturel Régional du Golfe du Morbihan, avec lui on a travaillé sur le bassin pilote de Pénerf sur la qualité de l’eau et on travaille en amont avec le monde agricole et les collectivités et en aval avec les ostréiculteurs. 

L.Foucault- Effectivement, ça fait partie des actions que l’on mène au sein du Parc naturel régional du golfe, mais aussi dans d’autres « PNR » et sur d’autres territoires où il faut absolument que les pratiques agricoles littorales évoluent pour protéger ce bien commun qu’est l’eau qui vient en amont se jeter dans les mers et océans.  À titre d’exemple, le PNR du golfe du Morbihan mène une action, avec la chambre d’agriculture et l’association AILE (Association d’Initiative Locale pour l’Énergie et l’Environnement), our voir comment améliorer la qualité des sols dans la bande littorale des 500 mètres. C’est là où les matières organiques ou animales sont interdites, où les sols sont dégradés, appauvris. Comment les redonner à l’agriculture, tout en respectant la qualité des eaux. Dans le cadre d’un projet appelé « BRF » Bois Raméal Fragmenté, nous allons apporter des matières organiques végétales. Le BRF, ce sont des petits fragments de rameaux. Sachant que sur l’ensemble du golfe du Morbihan nous avons recensé 4 200 km de haies bocagères, il y a une matière  première qui est sur place, lors on travaille avec les collectivités, les agglos  pour récupérer ces matières végétales issu de la taille des haies et des jardins. Il y a une matière organique végétale énorme à utiliser, à consommer sur place et qui peut contribuer à rendre meilleurs les sols et donc à revitaliser l’agriculture sur la bande du littoral.  J’ai découvert  récemment que cette bande du littoral des 500 mètres  sur l’ensemble des communes du PNR c’est 2 000 hectares, soit l’équivalant de la commune de Séné dont je suis maire. 

J.Labbé-Pour en revenir à l’ostréiculture, sur le littoral, il y a le plancton qui est à la base de la chaîne alimentaire de tous les océans. Le plancton est touché par les molécules de pesticides. Lorsque l’on fait des travaux pour réhabiliter la qualité de l’eau, on fait en sorte que le plancton soit sain et bien vivant. L’huître est directement liée au plancton et l’activité ostréicole était, comme l’agriculture jusqu’à il y a quelque temps, préservatrice des équilibres. Est arrivée l’huître triploïde en 2008. C’est un hybride obtenu par le croisement d’une huître diploïde avec des huîtres anormales qui sont tétraploïdes. Ils ont réussi à les croiser et ça fait l’huître triploïde qui à court terme est économiquement fantastique. Comme elle est hybride, elle ne met pas d’énergie à se reproduire, elle pousse en deux ans au lieu de trois. Deuxième avantage, on l’appelle l’huître des quatre saisons, comme elle est hybride elle ne fait pas de laitance, elle peut être vendue en toutes saisons. Le problème, c’est que les huîtres triploïdes ne peuvent être élevées qu’en milieu fermé dans des écloseries où elles ont été mises en masse. La question des nutriments dans le littoral est limitée, vous ne pouvez pas mettre une pression excessive sur un milieu naturel. C’est une vision à court terme.  

Luc Foucault-Aujourd’hui et on le verra lors du salon de la conchyliculture (Vannes les 13 et 14 septembre) il y a deux types d’ostréiculteurs. Il y a ceux qui revendiquent de produire de l’huître naturelle, non hybridée en closeries, mais en même temps ces gens-là se pénalisent économiquement. On demande l’étiquetage, pas l’interdiction.

J.Labbé-Si je suis réélu, un des premiers chantiers sur lequel je vais m’impliquer, se sera sur les assises de l’agriculture et de l’alimentation qui sont en cours. Nous sommes en première phase, ce sont les prix entre les producteurs et la grande distribution. La deuxième partie c’est l’alimentation. Cette partie m’intéresse beaucoup, beaucoup ! Ça a un impact environnemental, économique et sur la santé. Je tiens à dire en tant que parlementaire, la chance d’avoir Nicolas Hulot comme ministre. L’idée de ces États généraux de l’agriculture et de l’alimentation c’est lui. La deuxième partie va être drôlement importante, car vont entrer en jeu, les consommateurs, les  associations de citoyens, et de défense de l’environnement et les promoteurs des circuits court. Les magasins de producteurs maintenant, ça existe.

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