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Zéro pesticides : un kit collectivités pour respecter la loi Labbé

ENVIRONNEMENT MAGAZINE – 30/03/16

Zéro pesticides dans les communes, c’est possible ! Et 100 % de bio dans les cantines, aussi. Pour le prouver, les expériences de six collectivités pionnières* ont été présentées le 29 mars à l’Assemblée nationale. A cette occasion, un nouveau kit pédagogique a été dévoilé. Il vise à accompagner les acteurs locaux.

L’événement a été organisé par la députée Brigitte Allain (au centre de la photo) et trois associations : Bio Consom’acteurs, Générations Futures et Agir pour l’environnement. Leur kit pédagogique vise à accompagner les communes dans deux démarches : arrêter d’utiliser des pesticides (le « zéro phyto ») et passer au bio dans les cantines scolaires (le « 100% bio »).

36 communes exemplaires

A partir du 1er janvier 2017, les collectivités locales n’auront plus le droit d’utiliser des pesticides dans les espaces publics, suite aux votes de la loi Labbé et de la loi de transition énergétique. « Il nous faut maintenant montrer à tous les publics les alternatives », a souligné la députée Brigitte Allain. « Il y a besoin de novateurs et d’audacieux », a abondé le sénateur Joël Labbé. Dans le cadre de leur campagne « zéro phyto, 100 % bio », les trois associations avaient déjà lancé en 2014 des cartographies des villes et villages bio et des villes et villages sans pesticides. L’an passé, 36 communes exemplaires avaient été primées. Le kit pédagogique ambitionne de généraliser les bonnes pratiques. Il est destiné aux élus, aux responsables de l’entretien des espaces verts communaux, aux responsables de restauration collective, aux agriculteurs, aux citoyens…

Analyse des pratiques, financements, méthodes alternatives, sensibilisation de la population… L’outil détaille les enjeux, les obligations légales et les étapes clés pour réussir la conversion de sa commune. Concernant le « zéro phyto », l’outil n’oublie pas les « espaces à contraintes », comme les cimetières et les terrains de sports. A ce sujet, Joël Labbé a confié qu’un travail était en cours au ministère de l’Agriculture sur les autorisations de mises sur le marché de produits naturels alternatifs.

Rester ferme sur l’objectif

Impulser une démarche collective, accompagner la conversion des agriculteurs, développer des circuits-courts… Concernant le « 100 % bio », le kit explique comment former son personnel, sensibiliser les parties prenantes ou encore maîtriser son budget. Il a été conçu en s’appuyant sur les expériences de terrain. « Il faut d’abord communiquer et expliquer ce que l’on fait », conseille ainsi Cyrille Casals, directeur du service environnement de Miramas. « Mobiliser l’ingéniosité de chacun mais rester ferme sur l’objectif », complète Daniel Cueff, maire de Langouët. « Savoir acheter, c’est important. Nous avons réappris à cuisiner ce qu’il y avait dans les champs », ajoute Gilles Perole, adjoint au maire de Mouans-Sartoux.

Rendez-vous à la mi-mai

Le sujet est d’actualité. Lors de l’examen de la proposition de loi sur l’ancrage territorial de l’alimentation, les sénateurs ont supprimé l’obligation d’introduire 20% de bio dans les cantines scolaire. « La majorité de droite au Sénat est restée bloquée sur l’idée qu’il n’y avait pas assez d’agriculteurs bio en France », dénonce Brigitte Allain. « Pourtant, des plateformes de regroupement existent et n’attendent plus que des commandes ! » La députée chiffre à plus de 200000 hectares par an les conversions en agriculture biologique en France. Ce rythme serait largement suffisant pour atteindre 20% de bio dans les cantines scolaires. Brigitte Allain donne donc rendez-vous à la mi-mai. La loi d’ancrage territorial devrait être remise à l’ordre du jour des parlementaires.

* Les expériences de six communes ont été présentées : Lardy, Bouvron, Langouët, Barjac, Mouans-Sartoux et Miramas

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