Joël Labbé, sénateur du Morbihan

Joël Labbé « Je serai candidat aux prochaines sénatoriales ! »

L’année 2017 sera une année importante d’élections, présidentielles, législatives et sénatoriales. Comme vous le savez peut-être déjà, j’ai annoncé ma candidature cette semaine dans la presse.

Pourquoi cette annonce qui peut paraître anticipée 1 an ½ avant les échéances ?

Tout simplement parce que ma décision est prise depuis quelques temps. Il se trouve, que dans la perspective de l’année électorale de 2017 pendant laquelle se dérouleront les présidentielles, les législatives et les sénatoriales, les trois sénateurs du Morbihan ont été interrogés sur leurs intentions futures : Odette Herviaux et Michel Le Scouarnec ont déclaré officiellement ne pas vouloir se représenter, j’ai pour ma part fait savoir que je serai candidat pour un nouveau mandat.

Certains me disent que c’est peut-être un peu tôt : par exemple la grande majorité des députés ne se prononcent pas encore, même ceux qui ont déjà décidé de se représenter. Moi, j’ai toujours fonctionné de cette manière : quand j’ai pris une décision, je le fais savoir, même si ça peut déranger certains. La politique est souvent une affaire de calculs, de stratégie, et de grande prudence, moi, je préfère toujours jouer la clarté, l’audace, et les risques qui vont avec…

Quelles motivations pour un nouveau mandat ?

Lorsque j’ai été élu en septembre 2011, je me lançais un peu dans l’inconnu de la politique à l’échelle nationale. J’ai beaucoup appris sur le tas, et je continue d’apprendre au fil du temps, des dossiers et des textes sur lesquels je travaille. Être élu parlementaire, alors que je n’ai jamais eu d’ambitions de carrière, je l’ai pris comme une grande chance, et aussi comme la reconnaissance de mon parcours d’élu local, après trois mandats d’adjoint, trois mandats de maire, deux mandats de conseiller général, sans oublier mes fonctions déterminantes de président du projet de Parc Naturel Régional de Golfe du Morbihan. Dans mes fonctions de parlementaire, je garde un grand bénéfice de mon expérience d’élu local. Depuis mars 2014, où j’ai cessé mes fonctions de maire, je peux me consacrer pleinement à mon mandat parlementaire.

Dixième élu des écologistes au sénat, j’ai permis la constitution du Premier groupe écologiste du Sénat… et depuis le départ de Jean-Vincent Placé au gouvernement, j’ai été du ceux qui ont œuvré pour le maintien du groupe, qui est aujourd’hui stabilisé. Je regrette au passage la dissolution du groupe écologiste de l’Assemblée. Je trouve que ça tient du suicide collectif et le regrette vivement.

Revenons à mes motivations : je me suis donc lancé dans l’inconnu, avec la volonté de faire tout ce que je pourrais pour jouer un rôle, en vue d’apporter ma contribution à faire bouger les choses. Il a d’abord fallu se faire connaître et reconnaître dans un milieu pas forcement favorable, pour un atypique dans une institution très conventionnelle, très codée, et, il faut le dire, plutôt conservatrice. Pour cela, j’ai dû beaucoup travailler, dépasser mes complexes d’infériorité et faire mes preuves dans mon rôle de vice-président de la commission des affaires économiques du Sénat. Aujourd’hui, je crois que c’est acquis, j’ai réussi à me faire reconnaître, sans rentrer dans le moule, à me faire respecter avec mon style et ma manière d’être.

Je ne voulais pas être réduit au rôle d’anonyme, auquel cas, je ne me serais pas représenté.

Parmi les actes forts que j’ai pu poser, il y a bien sûr cette proposition de loi, devenue la loi Labbé que j’ai réussi à faire adopter et qui a une portée nationale importante : on est le premier pays au monde à avoir interdit l’utilisation des pesticides chimiques sur les espaces publics des communes et dans les jardins domestiques, respectivement à partir du 1er janvier 2017 et du 1er janvier depuis 2019.

J’ai pu apporter une contribution forte sur la loi d’avenir agricole, la loi de transition énergétique et la loi biodiversité. Et puis très récemment, j’ai été rapporteur au sénat de la proposition de loi sur l’ancrage territorial de l’alimentation. J’ai également participé activement aux travaux préparatoires à la COP21. Dans ce domaine des enjeux planétaires, je me suis rapproché de Jean-Louis Borloo en soutien à son plan d’électrification pour l’Afrique.

En ce qui concerne mon rôle au niveau du département, j’y consacre la moitié de mon temps : mes semaines étant ainsi partagées, en général trois jours à Paris, trois jours entre ma permanence et le territoire du Morbihan… et puis un jour de repos, partagé entre le vélo du dimanche matin et la vie de famille. J’ai trouvé ce bon équilibre depuis que je suis libéré des fonctions de maire. J’apprécie notamment de parcourir le Morbihan à la rencontre des élus locaux du milieu rural qui méritent vraiment d’être soutenus.

Pour ce qui est des pratiques politiques, je travaille de plus en plus en lien avec la société civile organisée, ONG, Syndicats, et les représentants socio-professionnels. Et puis les nouvelles formes de démocratie directe par la plateforme internet Parlement et Citoyens où a été soumise la loi Labbé en expérimentale puis la loi biodiversité à une autre échelle, pour laquelle j’avais obtenu l’accord de la ministre ségolène Royal.

Alors, les motivations : j’ai appris comment fonctionnaient les institutions, j’ai compris les enjeux. Je me suis rendu compte du rôle que jouent trois piliers essentiels du conservatisme, le lobbying économique et financier, les appareils politiques et enfin la haute administration, en particulier celle de Bercy. Mes convictions de nécessité de changement des pratiques politiques sont encore plus affermies et affirmées, je vais bénéficier de l’expérience d’un mandat de parlementaire, et surtout, surtout, j’ai la chance de garder intacte mon énergie… et ma capacité de rébellion !

Et l’investiture ?

Pour le moment, je n’ai rien demandé à personne : je suis effectivement encore membre d’Europe Ecologie les Verts, mais j’estime ne pas avoir à demander l’autorisation pour dire que je souhaite être candidat.

Les autres partis politiques de gauche ?

On va discuter, bien entendu, comme on l’a fait lors des dernières élections sénatoriales où l’union s’est montrée gagnante. Aujourd’hui, le contexte politique est beaucoup plus compliqué, d’une part, et d’autre part, le mode de scrutin a changé : il se fera à la proportionnelle. Dans la mesure où il y a entente, il conviendra de choisir la tête de liste que sera la plus porteuse en terme d’électorat…

Ces discussions dépendront aussi du contexte national, y aura-t-il entente, sous forme de coalition pour les présidentielles, ou pas. S’il n’y en n’a pas, la gauche ne sera pas présente au 2e tour des présidentielles, j’en suis plus que convaincu. Par contre, l’idée d’une coalition autour d’un projet progressiste, humaniste et écologiste serait la seule manière de redonner des perspectives à notre population, notamment aux jeunes générations qui ont besoin de ces perspectives pour se projeter dans l’avenir.

Mais quelle forme de coalition ? Avec qui ?

En ma qualité de parlementaire écologiste, j’ai assisté à une forme de naufrage d’Europe Écologie les Verts. Pour moi, il faut pourtant que la pensée écologiste soit plus présente encore que jamais au parlement. Aussi, pour avoir suivi son évolution, je pense qu’aujourd’hui, Nicolas hulot a un rôle capital à jouer, d’une manière ou d’une autre. Je suis de ceux qui plaident pour sa montée en puissance afin de fédérer une très large mouvance écologiste qui se situe bien au-delà des partis politiques traditionnels, et aussi des pratiques politiques traditionnelles. Il est grand temps d’en finir avec le court terme et prendre en considération l’urgence de la situation au niveau planétaire.

Alors, soit le parti socialiste au gouvernement, est à même de se remettre en question au point d’envisager cette perspective de coalition gagnant / gagnant pour l’avenir, soit il ne le fait pas et il sera logique qu’il y ait trois tendances majeures à gauche, l’une autour de François Hollande, l’autre autour de Jean-Luc Mélenchon, et une troisième nécessaire autour de Nicolas Hulot… les trois s’équilibrant et s’assurant de ne pas être présentes au second tour qui verrait un duel droite-extrême droite qui provoquerait un très fort taux d’abstention et / ou une fraction importante de la population ne se sentirait plus représentée…

Je le répète, la transition politique est une absolue nécessité, et la précocité de ma candidature tient aussi du fait que j’estime avoir un rôle à jouer, tout en restant à ma place, dans une nécessaire recomposition politique, dans l’intérêt de nos populations et dans l’intérêt des générations futures.

Communiqué / Joël Labbé

Dans la presse

Le Télégramme, Ouest-France

2 Commentaires

  1. Cado
    10 juin 2016 à 21 h 04 min · Répondre

    D’accord avec presque tout ….. Surtout ne pas diviser les forces au premier tour ….. Hulot ou Mélanchon sont les seules opportunités pour déplacer les gens vers les urnes ….. Si c’est Francois Hollande, le rejet sera plus fort qu’il y a cinq ans avec Nicolas Sarkosy, parce qu’il y a le sentiment de trahison ….. Je souhaite que notre résident entende ce message qui est celui de beaucoup de français …..

  2. Andrès
    11 juin 2016 à 12 h 35 min · Répondre

    Je respecte ce choix d’être candidat aux sénatoriales mais dire tranquillement qu’il faut à la présidence trois candidats de gauche ps melenchon et écologiste. C’est n’importe quoi.
    Le ps suit une politique qui n’est pas de gauche.

    Melanchon et les écologistes ne seront pas au second tour s’ils sont séparés.

    Il faut y aller ensemble.

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