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Joël Labbé, sénateur du Morbihan. « Redonner enfin, un statut à la profession d’herboriste… »

ACTU.FR – 25/09/2018 – Par Jean-Michel Fournier « La Gazette du Centre Morbihan »

Joël Labbé, sénateur du Morbihan va présenter un rapport devant le Sénat durant la semaine… Histoire enfin, de faire reconnaître la profession d’herboristes. Rencontre.

Supprimé en 1941 sous Vichy, le métier d’herboriste pourrait renaître de ses cendres sous l’impulsion de parlementaires décidés à le faire reconnaître tel Joël Labbé, sénateur du Morbihan. Il présentera un rapport devant le Sénat dans les prochains jours…
Optimiste « mais d’un optimiste combatif » Joël Labbé sait qu’il y a du pain sur la planche en terme de combat contre les pesticides, glyphosate et autres produits phytosanitaires et ce, malgré la loi du 6 février 2014 dite « loi Labbé…ayant mis l’accent sur la nécessité de mieux prendre en compte la sur-utilisation de pesticides et autres produits dérivés dangereux pour la santé humaine…
Chantre de l’écologie, très attaché au respect de la nature – il est issu du monde paysan-, Joël Labbé vient de s’attaquer à un dossier chaud ! Celui de l’herboristerie, « parce qu’il existe bien une véritable passerelle entre agriculture respectueuse de l’environnement et santé au naturel. La mission sénatoriale a été constituée pour auditionner une soixantaine de personnes : producteurs, vendeurs, industriels, professions médicales… afin de dresser un état des lieux. Ce dossier -dont il est le rapporteur-, sera présenté devant le Sénat cette semaine, » explique-t-il.
« Supprimé en 1941 sous Vichy… »

« Le métier d’herboriste a été supprimé en 1941, sous Vichy… Auparavant, cette profession avait pignon sur rue mais c’était bien sûr, avant que les pharmaciens n’obtiennent le monopole de vente des médicaments et des plantes. Depuis cette époque, aucune tentative de reconnaissance du métier n’a obtenue de suite favorable ! »
Mais les temps changent, la société évolue et aujourd’hui existe une forte demande sociétale pour les plantes relatives au bien être et à la santé… « Demande à laquelle ne répond pas vraiment la pharmacie. C’est ce qui m’a incité à prendre à bras le corps cette nouvelle mission. D’ici la fin de mon mandat, je compte d’ailleurs bien obtenir une loi sur l’herboristerie, sur la reconnaissance de cette profession, » indique Joël Labbé.
« Aucune garantie de traçabilité »

La mission d’information conduite par plusieurs sénateurs a permis de mettre à plat les données se rapportant à ce sujet de l’herboristerie. En trois mois, plus d’une soixantaine de personnes ont ainsi été auditionnées…  « Il faut aller sur le terrain pour se rendre compte, vérifier qu’effectivement existe un réel intérêt de la population et qu’un développement structuré de cette filière est envisageable.
Aujourd’hui, 80% des plantes utilisées en France sont importées. L’une des recommandations majeures évoquées dans le rapport, c’est d’ores et déjà, de développer les productions locales, ne serait-ce que pour obtenir des produits de qualité et surtout tracés, » appuie le sénateur du Morbihan. « La plupart des plantes, huiles essentielles disponibles sur le marché proviennent de Pologne et d’ailleurs. Elles n’offrent aucune garantie de traçabilité. »
« Complément de revenu voire diversification »

Pour Joël Labbé, il convient de réorganiser la filière de production en oeuvrant vers le local… « Un couple installé en production de plantes peut aisément vivre sur un ou deux hectares. Les produits récoltés -offrant une importante valeur ajoutée- pourraient aussi être négociés en circuit court : la demande est là, reste à pouvoir y répondre. Cette activité pourrait également se caractériser comme un complément de rémunération voire même de diversification pour nombre d’agriculteurs, » assène Joël Labbé.
Convaincu de la nécessité de remettre au goût du jour ce métier d’herboriste et toute la filière, le sénateur du Morbihan met en lumière le fait qu’existe déjà dans notre pays des écoles d’herboristerie…

« Cinq écoles dont l’une se trouve d’ailleurs dans le Finistère, à Plounéouor-Ménez. »

Partant du constat qu’il n’y a pas pour le moment de consensus sur la reconnaissance du seul métier d’herboriste, le groupe de travail entend proposer une loi allant dans le sens de la reconnaissance de plusieurs métiers d’herboristerie.
« La formation est une réponse indéniable, mais avec des ouvertures possibles vers la création de statuts spécificiques : celui du métier de pharmacien herboriste, d’autres pour des producteurs de plantes revantiquant le diplôme de paysan herboriste, ayant la faculté de vendre des plantes et d’apporter des conseils. »
« Lobby pharmaciens et médecins »

Actu.fr« Enfin, j’aimerais que soit réhabilité le métier d’herboriste de comptoir, bien évidemment au travers d’une formation diplômante. Cette activité s’inscrirait pleinement dans la tradition des cueilleurs producteurs, mettant en parallèle au négoce des plantes, le respect des végétaux, des écosystèmes, et surtout la recherche de la qualité optimale…
Mais ce n’est pas gagné ! » lance le sénateur, pointant du doigt, « le lobby pharmaciens et médecins, sans oublier l’industrie pharmaceutique, entendant bien sûr, conserver ce monopole. »
Joël Labbé entend lancer un débat public national sur cette question, s’appuyer sur l’opinion publique…  « On va ouvrir le débat à l’ensemble de la population car une grande partie d’entre elle, se sent concernée par cette initiative et surtout par ce sujet de l’herboristerie.
Je me suis fixé la fin du mandat pour arriver à la reconnaissance de cette profession : c’est un challenge mais j’y arriverai ! »
J.-M. F.

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