Ouest-France

Le Sénat freine sur le bio dans les cantines

OUEST-FRANCE – Edition Auray – Par Guillaume Le DU – 15/11/2016

Les élus écologistes défendent une loi visant à introduire 40 % de produits locaux et 20 % de produits issus de l’agriculture biologique. Pas simple…
Les parents d’élèves sont à 88 % favorables au bio dans les cantines scolaires. Mais le sondage CSA ne semble pas être arrivé jusqu’au palais du Luxembourg.
Le 5 octobre dernier, le Sénat a refusé d’étudier un amendement déposé par le sénateur écologiste du Morbihan, Joël Labbé, visant à introduire 40 % de produits locaux et 20 % de produits issus de l’agriculture biologique, dans la restauration collective publique (écoles, maisons de retraite, hôpitaux).
La commission spéciale du Sénat, en charge de l’examen des amendements sur le projet de loi « Égalité et Citoyenneté », l’a jugé sans lien avec le texte législatif. Il n’a même pas été proposé au vote des sénateurs.

Pas de hausse du ticket repas « Comme une centaine d’autres amendements » , justifie Jean-Claude Lenoir, sénateur Les Républicains (LR) de l’Orne et président de la commission des Affaires économiques.

L’amendement écologiste avait pourtant été adopté à l’unanimité à l’Assemblée nationale, cet été.

« L’industrie agroalimentaire use de son influence pour éviter de perdre des parts de marché. Le bio dans les cantines entraînerait une relocalisation de l’alimentation » , explique Joël Labbé. Brigitte Allain, députée EELV de Dordogne, va devoir défendre de nouveau le texte à l’Assemblée nationale. Il y a urgence. La fin de mandature approche.

« En France, nous ne pouvons pas produire 20% de bio pour la restauration collective, affirme Jean-Claude Lenoir. On offrirait un boulevard à l’importation de produits bio étrangers qui n’offrent pas les mêmes garanties. » Les écologistes pensent l’inverse. « Moins de 400 000 ha suffiraient à fournir les 20 % de produits bio en restauration collective. En France, l’agriculture bio représente 1, 3 million d’ha en 2015 » , rappelle Joël Labbé.

Ce « manger local et bio » éviterait peut-être le gaspillage. Les cantines jettent 30 % des aliments. Le ticket repas ne serait pas plus cher. « Si ce texte continuait à être refusé par le Sénat, on garde bon espoir qu’il soit adopté définitivement par les députés (en dernier examen, NDLR) en janvier, après un éventuel échec de la commission mixte paritaire (sept sénateurs et sept députés cherchent une proposition commune, NDLR) . »

Le « 20 % de bio » dans la restauration collective deviendrait alors une obligation à partir de 2020.

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