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Licenciements chez Neovia : « C’est toute une région qui va souffrir depuis Saint-Nolff»

OUEST-FRANCE – 24/06/2019

Après l’annonce des licenciements chez Neovia, racheté par le groupe américain ADM, les représentants de Force Ouvrière demandent de l’aide au sénateur Joël Labbé.
« Il va y avoir au moins deux vagues de licenciements après celle-ci », explique Erwan Mahévo à Joël Labbé. Des représentants de Force Ouvrière (FO) ont rencontré le sénateur, lundi, pour lui demander de les soutenir dans leurs négociations avec le propriétaire de Neovia, le groupe américain ADM.
« In vivo a vendu sa branche Neovia au groupe américain ADM, le 1er février. La stratégie d’ADM est de supprimer des postes sur les fonctions supports et de délocaliser vers la Pologne, la Slovaquie ou l’Allemagne afin de réduire les coûts et de dégager des bénéfices supérieurs. »
Sur le site de Saint-Nolff, 61 salariés de Neovia et 12 de Sermix, le service administratif, sont concernés par les licenciements.
« C’est toute une région qui va économiquement en souffrir. Et il y a des situations très graves humainement. Ce sont des couples qui sont parfois concernés. On veut défendre les intérêts des salariés. On leur demande d’ailleurs de ne signer aucun document pour l’instant, pas avant que les négociations soient terminées. Nous avons besoin du soutien des salariés mais aussi des politiques », ajoute Erwan Mahéo, lui-même salarié du site de Saint-Nolff au service comptabilité. Il est concerné par cette première vague de licenciements.
« Je ne me fais pas d’illusion sur la logique ultra libérale qui s’est accentuée depuis le rachat de la société Guyomarc’h, qui elle était exemplaire. ADM a une logique uniquement financière. Je souhaiterais qu’avec mes collègues parlementaires on aide les négociations, mais j’apprends que le directeur général est basé en Suisse », a expliqué Joël Labbé.

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« Il ne sert à rien, cet argent public »

Neovia, qui emploie 357 salariés à Saint-Nolff, a bénéficié d’argent public pour aider à la construction du laboratoire et de la maison de l’innovation, sous forme de crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (Cice).
« Il ne sert à rien, cet argent public. Il aurait dû aider au maintien des salariés et c’est le contraire qui se passe », s’est emporté un des syndicalistes.
« C’est vrai qu’on ne peut que constater l’importance de l’argent public qui a été investi dans Neovia. La société a été très aidée et des sommes considérables ont été inves ties », a ajouté le sénateur.

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