Ouest-France

Redon. Quand militants et élus débattent autour des pesticides

OUEST-FRANCE –  22/03/2019

Les Coquelicots du pays de Redon ont interpellé les élus locaux et députés du pays de Redon autour de la question des pesticides, ce vendredi 22 mars.

Prenez une vingtaine de militants, ajoutez les députés du pays de Redon, un zeste d’élus locaux, puis mélangez autour d’une grande table. Voilà la recette du collectif des Coquelicots pour obtenir un débat de qualité autour des questions environnementales et tout particulièrement des pesticides.

L’objectif était clair : rassembler le monde militant de ceux qui ont le pouvoir de décision, localement comme nationalement. Et trouver des solutions, ensemble. Pour modérer et apporter leur expertise, Fabrice Nicolino, journaliste spécialisé dans ces questions, et Joël Labbé, sénateur écologiste du Morbihan, étaient les invités d’honneur.

Redon autour des pesticides

Un jardinier atteint de Parkinson

Loin de l’ambiance des manifestations, qui ont vu naître ces mouvements Nous voulons des coquelicots dans le pays de Redon, les 24 intervenants – dont trois femmes – ont abordé des sujets de fond, chiffres et sources à l’appui. Cela allait des cocktails chimiques et perturbateurs endocriniens aux lobbys.

Des témoignages forts ont illustré ces questions, comme Gaby Lebot, ancien jardinier atteint de Parkinson, ou de ces apiculteurs du pays de Redon. En face, les élus ont pu montrer leur point de vue et les difficultés auxquels ils peuvent faire face. « Pour avancer sur ces questions, il faut réunir un ensemble de conditions. Que chaque camp fasse un pas, dont le politique » , explique Paul Molac, député morbihannais.

Sur le sujet des lobbys, Gaël Le Bohec, député de la circonscription de Redon, a fait remarquer que « tous les élus ne sont pas influencés par eux » . Du côté des solutions à trouver, Yves Daniel, député de Loire-Atlantique, estimait qu’on passait, aujourd’hui, « trop de temps à réaliser des analyses » et qu’il fallait passer à l’action. « Je crois beaucoup à la politique par la preuve. » Anne Patault, conseillère régionale, a illustré ce type de politiques avec le zéro phyto. « Maintenant que des communes ont réussi à y passer et qu’elles ont montré l’exemple, nous avons une accélération de la mise en place de ces pratiques. Pourtant, au départ, tout le monde disait que ça ne fonctionnerait pas. »

Et maintenant, on fait quoi ?

Fabrice Nicolino a ciblé ses interventions sur l’urgence de changer le système. « Rien ne peut plus être comme avant. La situation est grave et il ne faut plus se voiler la face. » Jean-François Mary, le président de Redon agglomération, estime de son côté que, « s’il n’y a pas de majorité politique pour s’affirmer contre les pesticides, c’est parce qu’il n’y a pas de majorité sociale sur cette question » . Le journaliste a exprimé son désaccord : « La population est majoritairement opposée aux pesticides et c’est le système actuel qui empêche une traduction de cette opposition dans la loi. »

Après deux heures de constat et de débats, la réunion s’est terminée par un plaidoyer des Coquelicots, demandant aux politiques d’agir. Juste avant, une femme s’est interrogée : «  Ça fait deux heures qu’on fait du constat, qu’on donne son avis. Mais il n’y a rien de concret. Et maintenant on fait quoi ? » Elle n’a pas obtenu de réponse.

 

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